Samedi 13 juillet 2024. Le Borough Community Hall était plein à craquer. Soixante enfants en costume, quatre-vingts parents debout au fond, deux grands-pères québécois qui avaient fait spécialement le voyage : la fête de fin d'année 2024 a tenu toutes ses promesses.
Le thème de l'année : Le Petit Prince. Saint-Exupéry, lu par les Grands Bouts, joué par toute l'école, raconté par les plus petits. Une œuvre que l'on relit toute sa vie, et qui prend une couleur particulière quand on grandit entre deux langues.
Le spectacle, trois actes
Acte 1 — Les Petits Bouts : les planètes
Chaque enfant incarnait un personnage rencontré par le Petit Prince : le roi, le vaniteux, le businessman, l'allumeur de réverbères, le géographe. Costumes faits maison (couronnes en papier, chapeaux en feutre, lunettes de carton). Texte appris par cœur — bon, presque par cœur, avec quelques bonus improvisés qui ont fait fondre la salle.
« Je compte les étoiles et elles sont à moi parce que personne n'a pensé à les compter avant moi. » — Ulysse, 5 ans, dans le rôle du businessman, avec un sérieux désarmant.
Acte 2 — Les Moyens Bouts : le renard
La scène culte de l'apprivoisement, jouée à six voix entrelacées. Mathilde dans le rôle du renard, Octave dans celui du Petit Prince, et un chœur de quatre enfants reprenant les phrases mémorables : « On ne voit bien qu'avec le cœur », « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé ». Pas un parent n'avait les yeux secs.
Acte 3 — Les Grands Bouts : la rencontre avec l'aviateur
Les Grands Bouts ont écrit eux-mêmes une adaptation libre du début du livre, avec un avion en panne sur scène (construit en cartons par Amélie et trois papas bricoleurs le mercredi précédent). Camille a dessiné le mouton sur un tableau blanc, en direct, sous les rires complices des enfants qui connaissaient la scène par cœur.
Et après ?
Pique-nique francophone dans le jardin : tartes salées, salades composées, baguettes apportées par les uns, jambon-beurre apporté par les autres, et un fromage de chèvre laissé par une famille du quartier (merci à Marie-Hélène, on s'en souvient). Les enfants couraient pieds nus, les parents échangeaient les numéros, les grands-parents posaient les mêmes questions qu'ils posent depuis toujours (« et l'année prochaine, on fait quoi ? »).
L'année prochaine, c'est Le Roi Lion (oui, la version Disney, et oui, en français). Les répétitions commenceront en avril. Préparez les costumes de lionceau dès aujourd'hui.